photo MGDSM
Art-Cade, Galerie des Grands Bains Douches, Marseille

L’oeuvre de Diane Guyot est marquée par les formes du pouvoir et l’exploration de nos expériences quotidiennes : la nourriture, les lois, les plans sociaux, les émeutes, la paranoïa sécuritaire, la maitrise des foules, l’économie, l’écologie… Autant de sources d’inspiration pour une oeuvre polymorphe où se combine le dessin, la video, la performance et le graphisme mobilisant le langage et les disciplines artistiques, élaborant une réflexion sur le potentiel discursif de l’art à des fins politiques et contestataires.

Ainsi elle réussi le tour de force, l’air de rien, d’interpeler trois policiers en plein milieu de la Station RER Châtelet-les-Halles, elle finira par obtenir trois portraits photographiques exécutés par les policiers eux-mêmes.
Elle filme la prison de Gradignan, de l’extérieur, se faisant interpeler par les détenus en situation de parloir sauvage. Elle change le nom du Boulevard Lannes où se situe l’ambassade de Russie à Paris en Boulevard Anna Politkovskaia, en pleine journée et ce un mois après l’assassinat de la journaliste opposante au régime.
Elle offre, lors d’une exposition internationale sur l’aéroport de Cork en Irlande, aux travailleurs victimes d’un plan social la possibilité de se ré-approprier leur savoir faire en recréant dans un humour faussement naïf de la bière, le logo et le slogan d’une marque sacrifiée par la logique de l’économie de marché mondialisée.

Le résultat est autant l’objet que l’événement marqué par ses rencontres nécessaires à l’obtention de trois portraits ou d’une recette originale. Les oeuvres de Guyot sont des pièces à conviction, ses expériences sont aussi les nôtres par leur caractère fondamental.

Paul Sullivan
Directeur de Static Gallery, Liverpool, UK
May 2012